Contrôle et maintenance des SAE, de quoi parle-t-on?

Depuis les années quatre vingt, le nombre de Structures Artificielles d'Escalade est en pleine croissance.

Dans un premier temps, ces SAE furent des murs de gymnase ou de bâtiments détournés de leur fonction première par les acteurs de la discipline, puis sous l’impulsion entre autre, de la FFME (Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade) mais aussi du monde scolaire, les SAE se sont démocratisées et perfectionnées tant en terme de qualité de support que de dimensionnement.

Aujourd’hui, ce parc important de structures demande, à l’instar de tous les équipements techniques, à être contrôlé, vérifié, et entretenu.

Plusieurs référentiels sont disponibles pour appréhender les exigences de sécurité des SAE:

Afin d’y voir un peu plus clair, essayons de lister et de synthétiser ce que nous disent ces documents  afin de dégager les points importants à prendre en compte lorsque l’on est propriétaire ou gestionnaire d’une SAE.

Plusieurs Normes Européennes intéressent les SAE :

  • NF S 52-400 de 1998 relative aux liaisons S.A.E./support.
  • NF EN 12 572-1 de mai 2007 relative aux exigences de sécurité et méthodes d’essai des SAE avec  points d’assurage ainsi que les exigences de contrôle et maintenance.
  • NF EN 12 572-2 de février  2009 relative aux exigences de sécurité et méthodes de calcul des  pans et blocs d’escalade.
  • NF EN 12 572-3 de février 2009 relative aux prises d’escalade.
  • NF P 90311 d’octobre 2009 relative aux aires de réception des pans et blocs d’escalade.
  • NF P 90312 de mai 2007 relative aux aires de réception des SAE avec point d’assurage.

S’ajoute à ces normes des documents tels que le "Guide pour le contrôle et la maintenance des SAE" produit par la FIFAS (Fédération Française des Industries du Sport et des Loisirs) en collaboration avec la FFME (Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade).

En quoi consiste ces contrôles et maintenances :

Tout d’abord, c’est au fabricant de la structure de fournir dès la réception du chantier le dossier technique comportant entre autre les instructions relatives au contrôle et à la maintenance de la SAE (fréquence des contrôles en regard des types de matériels et de leur utilisation, dessins et caractéristiques techniques des éléments, instructions d’accès à l’intérieur de la structure).

  • Ce dossier technique sera le premier élément à contrôler.

Ensuite, viennent trois niveaux de contrôle et trois niveaux de maintenance :

  • Contrôle de routine, contrôle opérationnel, contrôle principal.
  • Maintenance de niveaux 1, 2 et 3.

Les deux premiers niveaux de contrôle et de maintenance pourront être effectués par des personnes (cadres ou techniciens) mandatés par le gestionnaire et reconnus compétents pour ces opérations. Ils devront intervenir en toute sécurité et tenir un registre de ces interventions retranscrivant les observations et les corrections effectuées.

Le niveau de contrôle principal portera sur le niveau de sécurité global de la SAE (fondations, accroches, structure), ainsi que sur la validation ou non des opérations correctives effectuées lors des interventions de maintenance de niveau 1 et 2.

Généralement ce niveau de contrôle et confié à un organisme indépendant (Norme NF EN ISO 17020) pour des raisons d’impartialité, de compétence techniques et d’intervention en toute sécurité dans le cadre des exigences de la règlementation sur le travail en hauteur.

Lors de ce contrôle, des opérations correctives pourront être effectuées sur des éléments dont la sécurité est jugée critique et qui pourraient entrainer une interdiction immédiate d’utilisation de la SAE. (NF EN 12572-1, annexe G, Note 2).

Ce contrôle portera non seulement sur l’ensemble des éléments de la SAE, des systèmes d’accroche jusqu’à la surface grimpable, mais aussi sur les aires de réception de chute ainsi que sur l’environnement (obstacles, éléments dangereux pour l’assureur ou le grimpeur).

A l’issue du contrôle principal, l’organisme de contrôle devra remettre un rapport circonstancié de l’intervention relatant les anomalies constatées, les travaux effectués, les suites ou non à leurs donner, l’autorisation ou non d’utilisation de la SAE.

L’ensemble des rapports devra être regroupé dans un registre global de sécurité spécifique à la SAE.

En synthèse :

L’organisme de contrôle, qui peut aussi mener des opérations correctives (Norme NF EN 12572-1, annexe G, note 2), devra faire preuve :

  • D’indépendance et d’impartialité (Norme ISO 17020 cadre A et C).
  • De compétence et d’expérience dans le domaine des savoirs faires liés aux SAE (maitrise des différentes technologies employées et de leur mise en œuvre).
  • De compétence dans le domaine des travaux en hauteur afin de pouvoir progresser en toute sécurité à l’intérieur comme à l’extérieur de la SAE dans le but de mener une investigation complète et détaillée de la structure d’escalade.
  • De compétences dans les domaines techniques, juridiques et administratifs afin d’apporter au gestionnaire de la SAE des conseils, une organisation (rapports et registre) ainsi qu’une veille normative permettant de garantir le plus haut niveau de sécurité et de conformité.